
[Exclu AP] Pierre Cornud : un Pailladin à Ibiza
Lors de notre entretien avec Anthony Ribellin, le nom de Pierre Cordud, ancien de Grammont, est venu au milieu de la conversation. Nous l’avons contacté pour échanger avec lui sur son parcours. En voici la retranscription:
Présente-nous un peu ton parcours, comment arrive-t-on de Montpellier à Ibiza en troisième division espagnole ?
Après Montpellier, je suis parti à Dijon pour deux ans. Je m’intègre bien, je suis capitaine avec l’équipe 2. Mais c’est la fin de l’année, je ne signe pas pro. Je repars à Avignon et je fais ma préparation en National avec Marseille Consolat. Là-bas, Mallorque me contacte et me fait signer un contrat de trois ans, que j’ai renouvelé pour deux ans de plus. Cette année, j’ai fait la préparation de la saison chez les pros, avant de signer à Oviedo. A Oviedo, j’ai joué uniquement avec la réserve.Car en Espagne, il y a une règle un peu spéciale qui précise que si tu montes de la B pour jouer avec les pros, tu ne peux plus redescendre avec la réserve si tu as plus de 23 ans. Finalement, Ibiza qui joue la montée en seconde division était intéressé par mon profil donc j’ai signé là-bas au mercato hivernal.
Tu es parti tôt en Espagne, est-ce que tu peux nous expliquer les différences entre les deux pays que tu as connu ? Aujourd’hui, tu évolues en Segunda B, la troisième division espagnole qui a une forme un peu particulière avec 4 poules de 20 équipes, peux-tu présenter ce championnat méconnu en France ?
Quand j’évoluais à Dijon, je m’entraînais avec les pros. Pourtant quand je suis arrivé à Mallorque qui venait de tomber en D3 espagnole, j’étais impressionné par le rythme. Tout était plus rapide qu’à Dijon. La Segunda B c’est un championnat professionnel avec beaucoup de clubs historiques, j’ai beaucoup de respect pour la National. Surtout en terme d’atmosphère t’as des stades énormes comme à Carthagène (15 000 places), au Recreativo de Huelva tu as entre 6000 et 7000 personnes à chaque match, le Racing Santander aussi. Ce sont souvent des petits stades, un peu à l’anglaise, mais remplis.
Quand on parle de club à Ibiza, on imagine plus une boîte de nuit qu’une équipe de football, est-ce que tu peux nous présenter un peu l’Unión Deportiva Ibiza ?
C’est un nouveau club (fondé en 2015). Il y a trois ans, ils étaient en 4e division. Puis, un club a fait faillite en troisième division. En Espagne, dans ces cas-là, tu peux racheter la place du club en cessation de payement. C’est ce qu’à fait Ibiza pour monter. Quand je jouais contre Ibiza, il y avait pas trop de supporter 3000 – 3500. En revanche, ça commence à prendre. Ils ont joué contre le Barça cette saison. Il a fallu rajouter des gradins pour jouer le match et ils perdent le match à la dernière minute. C’est dommage parce que ce match, j’aurais pu le jouer. En fait, Ibiza-Barça était le mercredi, et le dimanche, il y a un mec d’Ibiza qui vient me voir à Oviedo pour que je vienne le plus tôt possible pour jouer ce fameux match. Mais comme les négociations pour mon recrutement à Ibiza impliqué trois club : Majorque (où il est sous contrat), Oviedo (où il était prêté en début de saison) et Ibiza, les délais étaient impossible à tenir.
Sinon en soit, la ville d’Ibiza n’est pas très grande. Tous les joueurs sont connus. Le club a un projet ambitieux : essayer de monter en Ligue 2, puis en Liga. Le président du club (Amadeo Salvo Lillo) c’est l’ancien président de Valence (de 2013 à 2015). Avec son réseau, il a pu faire venir quelques bons joueurs comme Marco Borriello ou encore Javi Lara, moins connu en France, mais qui a joué en première division à Eibar.
Tu es formé au MHSC, quels souvenirs gardes-tu de tes années au centre de formation ?
Sincèrement que de très bon souvenirs de toute ma formation au club. Ça s’est bien passé. J’ai une année compliqué dernière année d’aspirant U19, je me fais les croisés. Je signe malgré tout stagiaire pro. Franchement avec William Prunier, j’ai vécu une de mes meilleures années. En revanche, je pensais vraiment signer pro. Normalement, il y a un signe qui trompe pas : quand ils t’envoient faire des tests à la clinique c’est que tu vas signer pro. Et moi, je les ai fait ces fameux tests. On était trois et finalement il y en a qu’un qui a signé pro, c’est Pierrick Fito. Montpellier, c’était un club que je m’étais approprié, j’ai vécu le titre quand j’arrive. C’était devenu mon club de cœur, Montpellier. J’avais fait ramasseur de balle à domicile contre Arsenal en Ligue des Champions. J’avais des étoiles pleins les yeux, j’ai donné le ballon à Santi Cazorla sur un corner. D’ailleurs, j’aurais pu jouer contre lui en pré-saison puisque avec Majorque, on a affronté plusieurs clubs de Liga mais pas Villarreal malheureusement.
Ibiza est second de sa poule de Segunda B, joue la montée, mais tout ça pourrait être chamboulé du fait de la crise sanitaire que nous vivons en ce moment ? Est-ce que tu as eu des infos sur la reprise du championnat ? Comment fais-tu pour t’entraîner ?
Tout le monde veut finir la saison par rapport aux enjeux financier. Rien n’est officiel mais ça pourrait reprendre entre le 5 et le 10 juin et ça finirait en septembre.Si ça se confirme, on pourrait jouer tous les 72H, donc forcément ça va être compliqué d’un point de vue physique car je sais pas s’il y aura une prépa physique. Bon moi, je suis suspendu pour le pour le premier match donc j’aurais un peu plus de temps pour me préparer. En attendant, je m’entraîne avec un vélo d’appartement sur mon balcon. On fait des appels vidéo, tous les jours, on essaie de faire un entraînement vidéo avec un préparateur physique.
Quand un journaliste a demandé à Anthony Ribellin quel joueur il aimerait avoir avec lui dans son équipe, il n’a pas répondu Lionel Messi ou Antoine Griezman, mais Pierre Cornud, vous aviez une relation spéciale ?
Cornud et Ribellin, on était toujours ensemble. Même en dehors du centre, on était toujours ensemble. Sur le terrain c’était une connexion spéciale, il savait quand j’étais en difficulté. C’est étrange, mais s’il perdait le ballon, je m’arrachais pour le sauver, c’était comme si moi je le perdais. Je pensais vraiment que le club allait nous faire confiance. Faire confiance à notre duo. Le changement de directeur de formation a beaucoup joué. Jean-François Domergue nous portait comme ses enfants.
Pour terminer, il te reste une anecdote de tes années pailladines ?
Il y a quelques jours, je suis tombé sur une vidéo du Harlem Shake que nous avions réalisés quand on était en U17. C’était il y a 7 ans, on était dans la chambre d’un joueur. De bons souvenirs et en plus ça avait 8000 vues. Même les pros, ils en parlaient.
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