Nouvelle répartition des droits TV : le MHSC désavantagé ?

Se plonger dans les mécanismes de répartition des droits TV, c’est comme lire une phrase avec un ou deux mots manquants : on comprend le sens global, mais on garde toujours l’impression d’être passé à côté de quelque chose. L’enjeu, au fond, c’est la transparence. Pour la saison 2022-2023, les critères ont été fixés lors du CA de la LFP du 4 mai 2022. Dans la foulée, un article explicatif a été publié sur Foot Unis, le syndicat des clubs de Ligue 1 en quelque sorte. À partir de ces informations, on va essayer de décrypter ce que va toucher le MHSC à partir de cette saison.

En préambule, il faut rappeler que depuis 2022, la LFP a vendu une partie des droits de sa société commerciale à CVC. L’objectif premier était de faire rentrer de l’argent frais très vite après la crise sanitaire, mais dans les discours des dirigeants du football français, on entendait aussi que la présence de CVC devait permettre de mieux valoriser le produit « Ligue 1 » en vue de l’appel d’offres des droits TV prévu à l’automne 2023. Récemment, Vincent Labrune clamait d’ailleurs haut et fort qu’il souhaite aller chercher le milliard. Un discours hors sol, comme si le fiasco Mediapro n’avait pas suffi à vacciner les acteurs du foot français. Pourtant, à la lecture de l’article de Foot Unis, il semble que la clé de voute de la répartition des droits TV soit bel et bien cet objectif du milliard. La preuve : la ligue s’est dotée d’un système de répartition double dépendant des montants reçus lors de l’appel d’offre des droits domestiques.
Jusqu’à 700 millions brut, la répartition reste très similaire à ce qu’il existait avant :
– Une somme spéciale, retirée du montant global, est versée aux clubs relégués (8M distribués à part égale)
– 30% est répartie de manière fixe (tous les clubs touchent la même chose)
– 20% dépend de la licence club (un concept assez flou fondé sur une multitudes de critères). On apprend notamment que les clubs disposant de plus de 7000 points touchent la même somme.
– 30% sont basés sur les résultats sportifs (25% pour la saison en cours et 5% pour les cinq saisons passées).
– 20% de la somme est redistribué au titre de la notoriété. Cette dernière est calculée sur les 5 dernières années selon le nombre de diffusions TV en match premium. À ce petit jeu-là, Montpellier est classé 9e devant des clubs comme Strasbourg ou Lens mais derrière Nantes ou Nice.
Si la LFP arrive à arracher un accord avec des diffuseurs TV lui rapportant entre 700 millions et 1 milliard brut, la répartition favorisera beaucoup plus les grands clubs. Ce sera :
– 40% basés sur le classement sportif de la saison en cours
– 10% issus du classement des 5 saisons précédentes
– 50% sur le classement de notoriété (voir description du critère ci-dessus).

Restent les droits TV internationaux, enjeu clef du prochain appel d’offres puisque depuis des années ils sont identifiés comme une -voire la seule- piste possible d’amélioration des revenus. À titre d’exemple, la LFP touche 73M d’euros de droits internationaux là où la Bundesliga et la Serie A empochent 200M (voir tableau). Problème : les principales têtes de gondole de Ligue 1 à l’international viennent ou risquent de se faire la malle à quelques mois de l’appel d’offres (Messi, Mbappé, Neymar, Sanchez).

Mais pour revenir à la répartition de ces droits étrangers, la LFP a établi un seuil très bas de 6,5M d’euros, au-delà de cette somme les droits TV seront répartis selon les résultats sportifs individuels en coupe d’Europe sur les 3 dernières saisons (pour 2023/2024 ce sera les 4 dernières saisons, au total dix clubs sont concernés le PSG, l’OL, Rennes, Lille, l’OM, Monaco, Nice, Strasbourg et Reims). Auparavant, ces droits étaient distribués en fonction du critère de notoriété. Classé 9e dans ce domaine, le MHSC avait donc le droit à sa part du gâteau. Si on souhaite tous un retour de la Paillade en Europe, le scénario le plus réaliste est que Montpellier reste éloigné des joutes européennes et par conséquent des subsides issus des droits TV internationaux.

Un changement qui peut paraître anodin mais qui confirme l’élitisation d’un football français qui traditionnellement avait de nombreux mécanismes de redistribution au profit des clubs les plus modestes, y compris de Ligue 2. Cette nouvelle tendance avait déjà été esquissée avec la création de la société commerciale de la LFP. Les sommes reçues suite à l’entrée de CVC étaient allés en priorité au PSG, à l’OM, à l’OL, à Nice, à Lille, à Rennes et à Monaco avec des montants allant jusqu’à 200 millions pour le PSG à 33 millions pour un club lambda de Ligue 1, à titre d’exemple Rennes ou Lille ont touché 80 millions d’euros. Une dynamique lourde qui impacte directement le MHSC dans un contexte où la compétition en Ligue 1 se durcit avec le passage à 18 clubs et le rachat de certains clubs concurrents (Toulouse, Strasbourg). Nul doute d’ailleurs que les quelques millions de droits TV internationaux que le MHSC ne touchera plus à l’avenir seraient les bienvenus dans l’optique de la construction du stade Louis Nicollin.

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